Le sport, comment ça marche ?

SBT - Le Billet du Neurologue, Dr Bernard CROISILE Il n’a jamais échappé à aucune personne de mon entourage que le sport restait pour moi un domaine désertique de connaissances. Même si je ne crains pas de marcher, le sport ne suscite guère d’enthousiasme dans ma liste des priorités. Serais-je dans l’erreur ?


Vivre vieux c’est bien, vivre bien c’est mieux !


En France, en 2015, l’espérance de vie à la naissance était de 85 ans pour les femmes et de 78,9 ans pour les hommes ; de son côté, l’espérance de vie sans incapacité était estimée à 64,4 ans pour les femmes et 62,6 ans pour les hommes. Car, au final, seule compte la vie sans incapacité : il n’est pas suffisant d’avoir un cœur qui batte longtemps, il faut que l’ensemble du corps soit en bon état, d’où l’importance de prendre en compte l’espérance de vie sans incapacité physique, psychique et bien sûr cognitive. Or, après 65 ans, trois Français sur quatre souffrent d’une maladie chronique, et le nombre de personnes dépendantes devrait doubler en 40 ans pour atteindre celui de 2,3 millions de personnes. Centenaire oui, dément sourd, paralysé et aveugle, non ! Le souhait des Transhumanistes de vivre 1 000 ans se trouve en fait confronté à un sérieux problème d’approvisionnement en pièces de rechange.


L’activité physique, au cœur de la santé


Des dizaines de travaux montrent que l’activité physique améliore la santé cardiovasculaire, accroit la longévité, favorise un sommeil plus sain, limite l’obésité ainsi que le risque de diabète ; elle réduit aussi le risque de chute (en améliorant la masse musculaire et en supprimant la peur de chuter) et retarde l’âge d’apparition d’une première invalidité. Enfin, et cela m’intéresse tout particulièrement, l’activité physique a également un effet bénéfique sur le stress et les fonctions cognitives. Devant tant de bienfaits, il serait fou de rester immobile sur son canapé à regarder Game of Thrones !


Cerveau, cognition et activité physique


L’activité physique aurait plusieurs actions sur le cerveau : augmentation du débit sanguin cérébral (qui apporte sucre et oxygène aux neurones), de la plasticité synaptique (plus de connexions entre les neurones), et de la neurogénèse (plus de nouveaux neurones à partir des neurones souches), ainsi qu’une libération accrue de différentes substances cérébrales stimulatrices ou protectrices (sérotonine, dopamine, endorphines, facteurs de croissance neuronale…). Qu’en est-il sur les fonctions cognitives ? La sédentarité est corrélée à de moins bonnes performances cognitives. La pratique d’une activité physique limiterait le déclin cognitif et le risque de démence, mais l’impact sur les fonctions cognitive n’est pas le même selon qu’il s’agisse d’une activité domestique (aspirateur…), de jardinage (tondre…) ou de loisirs (marcher, nager…), ces dernières étant mieux corrélées aux scores cognitifs car elles mobilisent davantage les domaines de planification et d’organisation sans oublier le plaisir inhérent à des activités souvent conviviales.


Levez-vous et marchez !


Il faut donc motiver les Français à sortir du canapé, alors même que, paradoxalement, on nous fait miroiter l’arrivée de robots pour nous remplacer dans toutes nos activités dites fatigantes telles qu’aller chercher des noix de cajou dans son placard pour accompagner la p’tite canette de bière du samedi soir. La principale difficulté est bien d’amener les personnes à pratiquer une activité physique de manière régulière, suffisante et joyeuse. Depuis longtemps, à l’instigation de l’OMS ou d’autres organismes, fleurissent des messages incitant à l’intégrer naturellement à notre quotidien, en marchant 30 à 60 minutes par jour, en montant les escaliers, etc… Ces excellents conseils sont parfois dénaturés avec des messages d’activités sportives plus dangereuses car on oublie trop vite la fragilité des os et des tendons à partir d’un certain âge. Épaules, genoux, hanches et poignets payent un lourd tribut à la réalisation de gestes imprudents ou de contraintes excessives. L’intégration naturelle à la vie quotidienne permet de diminuer le risque de maladies chroniques : préférer les trajets courts à pied plutôt qu’en voiture ou en bus, prendre l’escalier plutôt que l’ascenseur, sortir plus longtemps son chien, rester debout dans le métro… Des conseils qui ne nécessitent même pas d’acheter une combinaison sportive onéreuse !



Pour en savoir plus : Bernard Croisile. Alzheimer : que savoir, que craindre, qu’espérer ? Éditions Odile Jacob (2014).

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