Les jeux de société peuvent-ils préserver les fonctions cognitives ?

Autant les études sur les effets (positifs ou négatifs) des jeux vidéo sur le cerveau sont légion, autant celles qui s’intéressent aux jeux de société, et à leurs possibles bénéfices sur la cognition, le sont nettement moins. Or des chercheurs de l’Université d’Edimbourg, au Royaume-Uni, suggèrent que jouer aux cartes, aux échecs ou encore au bingo pourraient aider au maintien des capacités cognitives. Résumé de cette recherche réalisée avec des participants qui avaient 11 ans au début de l’expérience et qui en ont maintenant 79 !

Parmi les pistes d’interventions qui pourraient favoriser un « vieillissement cognitif réussi », il a déjà été constaté que des activités ludiques comme les cartes, les mots croisés ou le sudoku (voir cet article : http://www.happyneuron.fr/actualite-scientifique/les-mots-croises-et-les-sudoku-pourraient-ils-optimiser-notre-sante-cognitive) peuvent avoir un certain effet contre le déclin cognitif. L’originalité de la présente étude est qu’elle est longitudinale. En effet, Drew M. Altschul et Ian Deary ont utilisé les résultats d’un test de capacités cognitives (le Moray House Test, MHT) auquel de nombreux participants (âgés de 11 ans) résidants en Ecosse ont participé … en 1936 (Lothian Birth Cohort – LBC). Cette cohorte a fourni aux scientifiques une première mesure sur les fonctions cognitives générales des sujets. Bien des années plus tard, entre 2004 et 2017, certains ont été suivis sur quatre vagues pour passer des tests cognitifs et de santé : à 70 ans (1091 sujets), à 73 ans (866), à 76 ans (697) et à 79 ans (550). Les facteurs liés au sexe, à la classe sociale, à l’éducation, au niveau d’activité et aux problèmes de santé ont bien été contrôlés. Les tests ont été administrés individuellement pour évaluer des compétences qui peuvent diminuer avec l’âge : les capacités visuo-spatiale, la résolution de problèmes, la vitesse de traitement et la mémoire.

Lors de la vague 1 et 4 (à 70 ans et 76 ans), les participants ont répondu à un questionnaire plus vaste sur leurs activités sociales et physiques. Ils devaient, à cette occasion, indiquer la fréquence à laquelle ils pratiquaient des jeux analogiques tels que les cartes, le bingo, les échecs ou les mots croisés (de plusieurs fois par mois à moins d’une fois par an/jamais). A noter qu’à 70 ans, 33% des sujets ont déclaré une fréquence de jeux élevée.

Les chercheurs ont ensuite utilisé des modèles statistiques pour analyser la relation entre le niveau de jeu des sujets et leurs capacités cognitives. Il en ressort des preuves cohérentes indiquant que jouer fréquemment à des jeux analogiques est associé à un déclin cognitif relativement moins important de 11 à 70 ans, et de 70 à 79 ans. Le déclin moyen se produit (quelle que soit la fréquence de pratique des jeux) à travers la huitième décennie, mais il est plus sévère chez les joueurs bien plus occasionnels. Ainsi, avec le contrôle des variables citées plus haut, les personnes qui jouaient plus souvent présentaient de meilleures performances cognitives de référence à partir de 70 ans. Ces résultats sont plus particulièrement significatifs sur la fonction cognitive générale et sur les performances en mémoire.

L’un des points forts de la présente recherche est assurément le suivi longitudinal sur près de 70 ans, grâce à la cohorte LBC 1936. Reste que les auteurs indiquent que le processus de recrutement des personnes âgées a tendance à auto-sélectionner des volontaires qui ont souvent un haut niveau éducatif et qui vieillissent bien. En ce sens, les résultats de l’étude sont à relativiser puisqu’ils pourraient être en faveur des individus riches et/ou ayant des fonctions cognitives supérieures, et qui pourraient être disposés à jouer plus régulièrement à des jeux.

Malgré cette limite, les chercheurs concluent que jouer aux cartes ou autres pourrait améliorer les perspectives à long terme pour la santé cognitive, tout en précisant « qu’il serait bon de savoir si certains jeux sont plus puissants que d’autres. » et en rappelant que « plusieurs autres choses sont liées à un meilleur vieillissement cognitif, notamment ne pas boire d’alcool en excès, ne pas fumer, être actif et avoir une alimentation saine. »
Source : Drew M. Altschul, Ian J. Deary. Playing Analog Games Is Associated With Reduced Declines in Cognitive Function : A 68-Year Longitudinal Cohort Study, in The Journals of Gerontology: Série B , nov. 2019

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