Combien de visages sommes-nous capables de reconnaître ?

Cela fait sans doute partie des questions que l’on ne s’est jamais posées. Mais ce n’est pas grave, puisque la science est là pour y répondre ! Effectivement, nos capacités de reconnaissance des visages semblent nous permettre d’identifier de très nombreuses personnes. Mais combien ? Une recherche publiée dans les Actes de la Royal Society B s’est penchée sur la question et a proposé une méthode pour avancer cette estimation : 5000. Explications.

En préambule de leur étude, les auteurs rappellent que pendant la majeure partie de l’Histoire, les humains ont vécu en petits groupes restreints et dispersés. Mais depuis ces siècles derniers, la population mondiale a considérablement augmenté, ce qui n’est pas sans conséquences sur les exigences en matière de capacités de reconnaissance des visages. A côté de ceux qui nous sont plus ou moins familiers, pensons par exemple aussi à toutes ces figures médiatiques que nous sommes amenées à rencontrer virtuellement.

Dans la recherche menée par Rob Jenkins (du département de psychologie de l’Université de York) et ses collègues, il ne s’agit pas de déterminer le nombre de visages que les personnes pourraient connaître, mais le nombre de visages que les personnes connaissent réellement. De plus, il convient de dissocier l’identification (faciale) d’une personne de la connaissance de son nom. Par exemple, parmi les auteurs que nous pouvons apprécier, nous ne savons pas, pour certains, à quoi ils ressemblent. A l’inverse, nous pouvons reconnaître un visage sans savoir comment il se « nomme ».

Comme il est impossible d’évaluer directement le nombre de visages qu’une personne connaît, les chercheurs ont distingué deux catégories de visages : les visages personnellement connus (famille, amis, collègues, etc.), c’est-à-dire ceux rencontrés dans le cadre d’expositions sociales directes ; et les visages célèbres (acteurs, politiciens, musiciens, etc.). Pour constituer leur banque de données, les scientifiques ont mesuré les rappels de ces deux types de visages au cours de différentes sessions. Pour cette expérience, ils ont convié 25 étudiants de premier et de troisième cycle de l’Université de Glasgow et d’Aberdeen, en Ecosse (âge moyen = 24 ans ; 15 femmes).

Premièrement, chaque participant a dû, en une heure, noter tous les visages qu’il connaissait. Pour chacun d’eux, il devait être capable de former une image mentale claire ou affirmer qu’il le reconnaîtrait s’il le voyait. Bien entendu, les chercheurs n’avaient aucun moyen de vérifier l’exactitude des réponses des participants, mais ces critères ont été jugés utiles pour la compréhension de la tâche. Comme indiqué plus haut, il n’était pas nécessaire de dénommer le visage et des descriptions sémantiques (par exemple, « mon garagiste ») étaient acceptées. De cette première phase, il ressort que le nombre moyen de visages personnellement connus est de 362 (variation : 167 à 524). A noter qu’une heure ne suffisait pas pour épuiser la liste (les participants trouvant toujours de nouveaux visages). A partir des données récoltées sur ces sessions limitées dans le temps, en prenant en compte la diminution du taux de rappel au fur et à mesure que les minutes s’égrenaient, les chercheurs ont estimé que, sans contraintes temporelles, une personne pourrait lister en moyenne 549 visages (253 à 794).

Deuxièmement, les étudiants ont été invités à identifier des personnalités célèbres qu’on leur montrait ; 3441 au total, réparties en douze catégories (arts et médias, sciences, sports, politique, etc.). Dans cette seconde phase, le taux d’identification était inférieur : 290 visages en moyenne (169 à 407). Dans un temps illimité, les chercheurs ont calculé que ce taux atteindrait en moyenne 395 (230 à 553).

Au final, en considérant les très grandes variations interindividuelles, c’est entre 1000 et 10000 visages qu’un individu pourrait reconnaître, soit un peu moins de 5000 en moyenne ! Que l’on soit convaincu ou non par la méthode de calcul, cette recherche ouvre la voie à d’autres études intéressantes. En effet, il sera maintenant possible d’établir des trajectoires développementales d’apprentissage par l’identité faciale et d’étudier l’impact des troubles neurodégénératifs sur ces capacités de reconnaissances faciales.
Source : R. Jenkins, A. J. Dowsett, A. M. Burton, « How many faces do people know ? », in Proceedings of the Royal Society B – Biological Sciences, oct. 2018

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