Comment nos choix deviennent-ils nos préférences ?

« Si j’ai choisi ça, c’est que je dois aimer ça » Vraiment ? Comment sont façonnées nos préférences ? C’est la question à laquelle une équipe de recherche américaine a tenté de répondre, en étudiant la manière dont les nourrissons effectuaient leurs choix. La présentation de cette étude, publiée dans Psychological science, est l’occasion de découvrir que parfois nous justifions nos décisions a posteriori pour éviter ce qu’on appelle une dissonance cognitive.

De façon presque quotidienne, nous faisons des choix (ne serait-ce que décider de ce que nous allons manger). Parfois, nous choisissons les choses que nous aimons et parfois, au contraire, nous aimons les choses parce que nous les avons choisies. Selon L. Feigenson, co-auteure de l’article, ce raisonnement inverse pourrait expliquer ces inférences que nous pouvons élaborer inconsciemment. La première : « J’ai choisi ceci, donc je dois l’aimer ». La seconde : « Je n’ai pas choisi cette autre chose, donc je ne dois pas l’aimer ». Spécialiste du développement de l’enfant, cette chercheuse, avec d’autres collègues, s’est tournée vers les nourrissons afin d’examiner chez eux les potentielles racines de ces choix arbitraires.

189 bébés âgés de 10 à 20 mois ont participé à une série de sept expériences utilisant un paradigme de libre choix. Par exemple, l’équipe leur ont proposé des objets avec lesquels jouer, deux sortes de cubes de couleurs vives (dont l’attractivité avait était testée efficacement au préalable) disposés loin l’un de l’autre, de façon à donner la liberté aux jeunes sujets de se déplacer vers celui de leur choix. Une fois que le bébé avait effectué sa sélection, un expérimentateur reprenait les deux cubes et lui proposait à nouveau celui qu’il avait écarté la première fois, avec un cube inédit. Ainsi, le nourrisson avait à présent le choix entre le jouet qu’il n’avait pas retenu la première fois et un tout nouvel objet. A votre avis, quel a été le choix des jeunes enfants ?

Les résultats indiquent que 73% d’entre eux ont opté pour le nouveau cube. Les auteurs supposent que cela illustre le fait qu’une préférence peut-être façonnée par un choix initial, même arbitraire. Cela signifierait que très tôt, nous aimons moins ce que nous n’avons pas choisi, même si nous n’avions pas vraiment de préférence au départ. En cela, cette étude vient renforcer les travaux sur la dissonance cognitive qui ont montré chez les adultes qu’une option non retenue au départ sera moins appréciée par la suite, et donc laissée à nouveau de côté si elle fait partie d’un autre paradigme de choix. Par ailleurs, les chercheurs, dans une autre expérience, ont pu observer que les bébés ne choisissaient pas spécialement par attrait pour la nouveauté. Ce serait donc plutôt le rejet de l’objet non retenu initialement qui orienterait leur choix.

En conclusion, les auteurs de l’étude indiquent que « le choix façonne les préférences, même sans expérience approfondie de la prise de décisions et sans une conception de soi bien développée ». Pour affiner leur recherche sur l’évolution du choix chez les nourrissons, l’équipe a décidé de se focaliser sur la surcharge de choix. En effet, trop de choix peut représenter un problème chez l’adulte. Alors qu’en est-il pour les bébés ?
Source : Alex M. Silver, Aimee E. Stahl, Rita Loiotile, Alexis S. Smith-Flores, Lisa Feigenson. « When Not Choosing Leads to Not Liking : Choice-Induced Preference in Infancy », in Psychological Science, oct.2020 // Site de l’Université John Hopkins : « Babies' random choices become their preferences » : https://hub.jhu.edu/2020/10/02/babies-prefer-what-they-choose-even-when-random/

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