L’odeur de la lavande est-elle relaxante ?

A moins d’y être allergique, généralement le parfum de la lavande est très apprécié. Présente sur les terrasses, dans les jardins, dans les produits cosmétiques ou encore dans les lessives, cette plante pourrait bientôt arriver dans les hôpitaux. Avant d’éventuels tests sur l’Homme, des chercheurs japonais ont étudié ses propriétés anxiolytiques chez les souris, afin de déterminer si l’odeur de la lavande pourrait être efficace dans les traitements de l’anxiété.

Comme le rappellent les auteurs en préambule de leur article publié dans Frontiers in Behavioral Neuroscience, à côté des médicaments pharmaceutiques anxiolytiques, des huiles aromatiques dérivées d’extraits de plantes sont déjà utilisées en médecine traditionnelle pour traiter l’anxiété, et notamment des extraits de lavande, dont le linalol. Des recherches ont d’ailleurs déjà mis en avant les effets anxiolytiques de ce dernier. Dans la présente étude, menée par des chercheurs des Départements de physiologie et d’anesthésiologie de l’Université de Kagoshima au Japon, il s’agissait d’en savoir plus sur les mécanismes neuronaux sous-jacents à ces effets positifs de l’odeur du linalol dans le traitement des troubles anxieux.

Présent à 26% dans l’huile de lavande, le linalol est un alcool parfumé que l’on retrouve dans presque tous les extraits de lavande. Kashiwadani et ses collègues ont souhaité étudier ses possibles effets anxiolytiques (déjà démontrés par des tests comportementaux classiques) sur les souris. 240 rongeurs mâles ont été conviés à cette recherche. Dans une chambre d’odeur personnalisée, de manière individuelle, des sujets ont été exposés pendant 30 minutes aux odeurs de linalol (imprégnées sur du papier filtre auquel les animaux ne pouvaient pas accéder directement).

Après cette exposition, des tests de comportement ont été réalisés ; deux pour mesurer l’anxiété (tests de la boîte claire/obscure et du labyrinthe), et un autre pour mesurer la coordination motrice, l’équilibre et la fatigue (le Rotarod accéléré). Dans le premier test, la souris est placée dans le compartiment illuminé d’une boite (dont l’autre partie, séparée par une petite entrée, est dans l’obscurité). Dans le deuxième, elle est placée sur une plateforme centrale de laquelle rayonnent deux bras ouverts et deux bras fermés. Dans ces deux expériences, le sujet est filmé pendant 5 minutes. Dans le test du Rotarod, le rongeur est placé sur un tambour rotatif (dont la vitesse augmente progressivement) et on mesure le temps de maintien de l’animal sur celui-ci.

Les résultats à ces différents tests sont tous concluants. En effet, les souris exposées à l’odeur de linalol avaient davantage tendance (de manière significative) à explorer la chambre lumineuse ou les bras ouverts du labyrinthe, ce qui indique une absence d’anxiété. De plus, le linalol n’a pas altéré leurs fonctions motrices, comme l’indiquent les données issues du test Rotarod (pas de différence significative entre les performances des souris non exposées au linalol et celles qui l’ont respiré). C’est pourquoi les auteurs de l’étude concluent que l’exposition à l’odeur de linalol a bien induit des effets anxiolytiques sans dégradation motrice chez les souris.

Autre résultat intéressant : ces bienfaits ne se retrouvent pas chez un groupe de souris anosmiques (dont on a neutralisé les neurones olfactifs). Cela indique que les effets relaxants ont bien été déclenchés par des signaux olfactifs, provoqués par l’odeur du linalol. Cela représente une alternative sérieuse à la pratique de l’injection de linalol et ses potentiels effets directs sur les récepteurs GABAergiques. Le GABA est un messager chimique qui a pour fonction naturelle de diminuer l’activité nerveuse des neurones sur lesquels il se fixe ; et il est donc a priori utile pour contrôler l’anxiété. Reste qu’administrer le linalol par injection a un effet négatif sur la motricité (similaire à celui de l’alcool). Cette étude suggère donc un nouveau moyen de faire bénéficier les sujets des bienfaits du linalol, sans conséquence néfaste sur la motricité.

Selon les chercheurs, la clé, c’est l’odeur du linalol et « les résultats nous rapprochent de son utilisation clinique pour soulager l’anxiété, ou bien en chirurgie par exemple, où le prétraitement avec des anxiolytiques peut réduire le stress préopératoire et ainsi aider à placer les patients sous anesthésie générale plus facilement ».
Source : Hiroki Harada, Hideki Kashiwadani, Yuichi Kanmura et Tomoyuki Kuwaki, « Linalool Odor-Induced Anxiolytic Effects in Mice », in Frontiers in Behavioral Neuroscience , oct. 2018.

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