Sommes-nous plutôt honnêtes ou malhonnêtes ?

Vous vous promenez dans la rue et vous tombez sur un portefeuille perdu. Que faites-vous ? Figurez-vous que des chercheurs ont volontairement crée ce genre de situation dans différentes villes de 40 pays. Au-delà de constater s’il existait des variations entre les différentes populations, il s’agissait d’observer l’influence du poids du coût psychologique de se considérer comme un voleur sur les comportements. Ce poids peut-il l’emporter sur l’attrait économique ?

L’équipe de recherche constituée de A. Cohn (Université du Michigan), de D. Tannenbaum (Université de l’Utah), de C. Lukas Zünd et M.A. Maréchal (Université de Zurich), avait pour but de tester notre honnêteté de façon plus écologique que les expériences réalisées en laboratoire. Celles-ci impliquent en effet des enjeux financiers souvent trop modestes qui peuvent influencer le comportement « naturel » des participants ; sans compter que ceux-ci se savent observés. Les expériences de laboratoire ont tendance à démontrer que la malhonnêteté augmente avec des incitations matérielles (financières) croissantes. Au bout d’un moment, l’intérêt personnel l’emporterait donc sur le souci du bien-être d’autrui. Des modèles psychologiques ont également mis à jour l’importance du maintien de l’image de soi : nous tricherions (pour gagner de l’argent, par exemple) tant que cela ne met pas (trop) en péril notre image de soi.

Les scientifiques suisses et américains ont alors souhaité aller sur le terrain pour examiner les effets des incitations financières sur les taux d’honnêteté civique. Dans 355 villes de 40 pays, 17303 portefeuilles « perdus » ont été remis à l’une de ces cinq institutions privées ou publiques : banques, théâtres (mais aussi musées ou autres établissements culturels), bureaux de poste, hôtels, postes de police (ou tribunaux). Les portefeuilles étaient transparents et contenaient 3 cartes de visite identiques (avec le nom et le mail du propriétaire), une liste de courses (dans la langue du pays) et une clé. La principale variable était que l’étui pouvait ou non contenir de l’argent. Le montant de la somme (monnaie locale) a été ajusté en fonction du pouvoir d’achat de chaque pays. Concrètement, un assistant de recherche allait déposer un portefeuille dans l’une des institutions, sans laisser de coordonnées, prétextant être très pressé. Grâce à ce protocole, 400 observations par pays ont pu être réalisées.

A quel rythme les employés ont-ils essayé de contacter les propriétaires (fictifs) des portefeuilles ? En théorie, ceux contenant de l’argent devraient faire l’objet de moins de « rendus » que ceux n’en contenant pas. Pour leur test, les chercheurs ont pris en compte les mails reçus (grâce à l’adresse figurant sur la carte de visite) dans les 100 jours qui ont suivi le dépôt. Les résultats ont déjoué les pronostics des économistes professionnels…

En effet, dans presque tous les pays (38 sur 40), les citoyens ont majoritairement cherché à contacter les propriétaires des portefeuilles « garnis ». Globalement, 51% de ceux à qui on a remis un portefeuille avec de l’argent l’ont déclaré, contre 40% de ceux qui ont reçu un étui sans argent. Et lorsqu’il y avait une grosse somme d’argent (environ 95 dollars ; soit 7 fois le montant « normal »), le taux de restitution est monté à 72% ! A noté que cette condition « big money » n’a été testée que dans trois pays : les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Pologne. Comment expliquer cette honnêteté ?
Selon les auteurs, 4 éléments sont à prendre en considération :
- le gain économique de la conservation du portefeuille ;
- le coût de l’effort fourni pour contacter le propriétaire ;
- la préoccupation altruiste, l’empathie (penser au bien-être du propriétaire) ;
- les coûts associés à la mise à jour négative de l’image de soi en tant que « voleur ».

L’interaction de ces éléments pourrait entrainer un comportement où, selon M.A. Maréchal : « la force de la psychologie – une aversion contre le fait de ne pas se considérer comme un voleur-peut être plus puissante que le pouvoir de l’argent ».
Pour finir, l’étude révèle de profondes différences entre les pays, mais nous vous laissons le soin d’aller consulter le « classement »…
Source : Alain Cohn, Michel André Maréchal, David Tannenbaum, Christian Lukas Zünd, civic honesty around the globe, in Science, juin 2019. https://science.sciencemag.org/content/early/2019/06/19/science.aau8712

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