Un noeud de cravate mal fait est-il dangereux pour la santé ?

Est-il désormais dangereux d’offrir une cravate à un homme ? Nous ne faisons pas ici allusion au risque qu’elle ne soit pas à son goût, mais bel et bien à un danger réel pour sa santé. En effet, des neurologues de l’hôpital universitaire du Schleswig-Holstein, en Allemagne, ont conduit une étude pour évaluer les effets de cet accessoire vestimentaire sur le cerveau. Porter une cravate est-il réellement dangereux ?

« Le nœud est à la cravate ce que le cerveau est à l’homme », affirmait François de La Rochefoucauld. Encore faut-il savoir bien nouer une cravate ! Pour l’étude que nous relatons ici, c’est le nœud Windsor (le plus imposant) qui a été retenu. Les chercheurs allemands ont recruté 30 jeunes hommes qui ont été divisés en deux groupes : les « cravatés » et les « non cravatés ». Aux premiers, les scientifiques ont donné pour consigne de nouer leur cravate et de la serrer juste ce qu’il faut pour ressentir un « léger inconfort » ; cette petite gêne classique que les messieurs qui n’ont pas l’habitude d’en porter peuvent éprouver. Chaque participant à cette expérience a alors été soumis à un examen d’imagerie par résonance magnétique.

Les résultats publiés dans la revue Neuroradiology indiquent que dès qu’elle est nouée, la cravate entraîne une diminution du débit sanguin dans les vaisseaux du cerveau de 7.5% en moyenne. Chez 5 hommes cravatés sur les 15, elle a atteint 10%. Adeptes de la cravate, nous vous rassurons tout de suite, puisque les responsables de cette étude précisent qu’il s’agit d’une variation acceptable sur le plan clinique et que cela n’affecte pas l’activité des neurones (indirectement corrélée à des modifications minimes du flux sanguin). Cependant, les auteurs suggèrent que le port de la cravate pourrait être davantage risqué chez des personnes plus âgées, les gros fumeurs ou des sujets souffrant de maladies vasculaires. La restriction du flux sanguin vers un organe entraîne effectivement la réduction de l’apport en oxygène, ce qui peut altérer les capacités cognitives.

N’en déplaise à Honoré de Balzac qui a publié en 1830 un Traité pour le port de cet accessoire vestimentaire, la cravate, surtout si elle est trop serrée, peut être dangereuse ; et ce, qu’elle soit librement choisie ou imposée (les auteurs de l’étude la comparent, dans ce cas, à une « strangulation socialement désirable » !). Un autre écrivain, Paulo Coelho, a d’ailleurs bien traduit cette ambivalence de la cravate : « la seule utilité réelle de la cravate, c’est qu’on la retire, sitôt rentré chez soi, pour se donner l’impression d’être libéré de quelque chose, mais on ne sait pas de quoi. »

Alors bien sûr, nous pourrions clore la présentation de cette étude par une pirouette en vous suggérant d’offrir un « nœud papillon » plutôt qu’une cravate, mais ne serait-il pas lui-aussi un cadeau empoisonné ?
Source : Robin Lüddecke, Thomas Lindner, Julia Forstenpointner, Ralf Baron, Olav Jansen, Janne Gierthmühlen, « Should you stop wearing neckties?—wearing a tight necktie reduces cerebral blood flow”, in Neuroradiology, vol.60, août 2018. Sciences et Avenir, article en ligne de Hugo Jalinière le 12-07-2018

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